Horace Mac Coy : J’aurais dû rester chez nous. Folio (1937)

#labouquinerie du centre (Angers)

Loin de moi l’idée que c’était mieux avant, pourtant quand je lis Mac Coy, je me dis que si son style n’est pas élaboré (quoique représentant une époque), si la psychologie des personnages est simplifiée et l’intrigue sans grande imagination, le livre – témoignage sur Hollywood par un auteur qui a fréquenté le monde du cinéma –  est toujours d’actualité.  Venus de la campagne, un jeune homme et une jeune fille désirent faire une carrière d’acteur. Ils rejoignent la foule des figurants et courent après les contrats. Leur naïveté et leur morale sont soumises à rude épreuve. La pureté de leurs sentiments ne résistera pas à l’ambition, au désir d’être célèbres. La beauté du garçon le propulse dans les bras d’une riche veuve qui lui promet la gloire, la révolte de la fille la conduit en prison. Derrière les films qu’on présente au public, il y a une société du pouvoir et de l’argent, immorale et artificielle. Dans son roman Horace Mac Coy met en garde, mais le miroir aux alouettes continue de fonctionner et des milliers d’apprentis vedettes  s’y font prendre.

L’auteur aligne des faits et reste au premier degré. Il ne demande pas aux lecteurs de venir dans le livre. On y parle de racisme, d’Hitler et de communisme, de juge véreux et de gigolos sans se cacher derrière le politiquement correct.  C’est efficace, objectif, composé en grande partie de dialogues, presque un scenario.

J.E.